vendredi 5 août 2016

Rock me Young brothers

Le 18 février 2003, le rêve de tout rocker qui se respecte devient réalité quand on apprend dans l'après-midi qu'Angus et Malcolm Young ont jammé avec les Rolling Stones au Enmore Theatre de Sydney le soir même (il faut tenir compte du décalage horaire). La belle époque d'avant Facebook et Twitter où l'information n'était pas immédiatement et mondialement partagée et conservait quelques heures le goût d'un bon vin savouré entre amis choisis.

Entre "Start Me Up" et "Honk Tonk Women", les Stones et les frères Young ont interprété "Rock Me Baby", un standard du blues, popularisé par B.B. King en 1964 qui devient au passage son premier top 40 dans les charts US. Cette version est inspirée du titre "Rockin' and Rollin'", enregistrée en 1950 par Lil' Son Jackson (1915 - 1976), elle-même issue de chansons blues traditionnelles et plus anciennes des années 20 et 30.
"Rock Me" de Muddy Waters de 1956 est également la petite sœur de la chanson de Jackson. 

"Rock Me Baby" est un des classiques blues les plus repris, sur disque comme en live. On citera, sans être exhaustif, les versions d'Otis Redding, des Animals, de Lightnin' Hopkins, d'Ike & Tina Turner,  de Jimi Hendrix, des Doors ou de Deep Purple...

Fans absolus des Stones, les frères Young heureux comme des gosses prendront goût à l'exercice et AC/DC ouvrira même pour la bande à Jagger sur 3 dates en Allemagne en juin 2003 et à Toronto le 30 juillet (festival Toronto Rocks). Angus et Malcolm y interpréteront de nouveau "Rock Me Baby" avec leurs glorieux ainés

Last but not least, le dernier jam aura lieu à Twickenham (Rugby Ground) le 20 septembre, durant lequel Malcolm se fendra même d'un solo mais à sa place habituelle sur scène, en retrait à gauche en dépit des vaines tentatives de Ron Wood et de Mick Jagger de le faire avancer.

jeudi 4 août 2016

Lighting Over Japan

Février 1981, AC/DC se produit pour la première fois au Japon, 4 dates successives sans day off  à Nagoya (2 et 3) puis à Tokyo (4 et 5).

Le groupe y déploie une énergie dantesque, comparable à celle qui ne le quittera jamais sur le Back In Black Tour. Pour vous en convaincre, laissez vous tenter par les versions atomiques de "Hells Bells", "What Do You Do For Money Honey", "Rocker".

Le groupe avait planifié une tournée au pays du soleil levant en mars 1979 avec Bon Scott avant de débuter les sessions d'enregistrement de l'album Highway To Hell à Londres. Elle fut hélas avortée en raison de problèmes de visas.

Le groupe reviendra au Japon en juin 1982 puis plus rien jusqu'en février 2001 et son Stiff Upper Lip Tour (!). Signe d'une relation capricieuse, le Japon sera servi de nouveau lors du Black Ice Tour en 2010, pour être de nouveau délaissé sur le Rock Or Bust Tour.


mercredi 3 août 2016

Make records in Montreux

Baptême du feu discographique du batteur Simon Wright paru le 28 juin 1985, Fly on the Wall est le second et dernier album produit par le groupe après Flick Of The Switch. 

Il a été mis en boite aux Mountain Studios à Montreux d’Octobre 1984 à Février 1985, avec trois semaines de pause en janvier, inclus le Rock in Rio Festival. Le groupe britannique Queen en a été propriétaire de 1979 à 1993 et y a enregistré de nombreux albums. 
The Rolling Stones ("Back in Blue"), David Bowie ("Heroes", "Lodger", "Never Let Me Down") et Iggy Pop ( "Blah Blah Blah") y ont également pris leurs quartiers. 

Le studio était implanté au cœur du Casino de la ville, qui fut la proie des flammes le 4 Décembre 1971, durant un concert de Frank Zappa après qu'un fan eût la brillante idée d'utiliser un pistolet de détresse (il aurait dû attendre l'incendie pour alerter son monde au lieu de le déclencher...).

Le titre légendaire "Smoke on the Water" de Deep Purple est directement inspiré de l’incident. 
"We all came out to Montreux on the Lake Geneva shoreline / To make records with a mobile - We didn't have much time / Frank Zappa & the Mothers were at the best place around / But some stupid with a flare gun burned the place to the ground / Smoke on the water, fire in the sky..."

Trop tard, vous avez le riff en tête pour la journée. 


mardi 2 août 2016

Angus Young : interview


Courte interview d'Angus Young dans le magazine US Rolling Stone

Le guitariste confirme que les troubles de l'audition de Brian se sont manifestés dès le festival de Coachella en avril 2015 et que par la suite chaque concert nécessitait une séance de soins. Aucun commentaire au-delà... (poursuite de la collaboration avec Axl Rose dont il se réjouit par ailleurs, avenir de Brian au sein du groupe...). 

De même, il confirme aussi le départ de Cliff à l'issue des dates US de cette automne "Cliff nous avait dit avant le début de la tournée que ce serait sa dernière".

Concernant Malcolm et l'évolution de son état de santé, Angus admet qu'il est devenu compliqué de communiquer. "Je lui fais passer des messages, je ne suis pas sûr à 100 % qu'il les intègre, mais je lui fait savoir qu'il manque à beaucoup de monde".

Pour l'après Rock Or Bust World Tour, Angus reste flou "A ce stade, je ne sais pas. Nous étions déterminés à terminer la tournée. Qui sait ce que je vais ressentir après? Je fonctionne comme je le faisais avec Malcolm et Bon quand nous étions jeunes «je vais faire ceci et cela", et ensuite ,« j'ai fait tout ce que j'ai dit que je ferais."

Enfin, à la question "avec qui aimeriez-vous jouer si vous en aviez l'occasion", Angus répond en riant "Il faudrait ressusciter beaucoup de monde. Je pense que je m’assiérai avec Keith Richards pour faire un truc. Il est un guitariste rythmique, comme Malcolm".

Street Fighting Man

ACDC.COM a demandé cette semaine à Stevie Young de choisir une chanson qui l'a inspiré. 
Le guitariste a opté pour "Street Fighting Man" des Rolling Stones, ajoutant "mon père m'a acheté l'album Beggars Banquet quand j'avais 11 ou 12 ans et c'était vraiment un de mes titres préférés. J'avais pris l'habitude de l'écouter avant de partir en cours, et j'essayais de trouver le moyen de la jouer". On s'en doutait, mais Stevie a bon goût... 

Précisons que le père de Stevie est Stephen Crawford Young, frère aîné de George, Malcolm et Angus Young (et de la fratrie tout court), né le 26 juin 1933 à Glasgow, et parti lui aussi avec toute sa famille en Australie en janvier 1963.

Et d'autre part que "Street Fighting Man" est parue en single le 31 août 1968, puis effectivement sur le 7e album des Stones paru au mois de décembre d'une année bouillonnante, lourde et des plus agitées. Celle de la guerre du Vietnam, des révoltes estudiantines en Amérique du Nord et en Europe, des événements de Mai 1968 en France, de l'assassinat de Martin Luther King  et de Robert Kennedy, et de l'écrasement du « Printemps de Prague »...  

Au-delà du chef d'oeuvre rock, sans conteste le titre le plus politique de la bande à Jagger. 





lundi 1 août 2016

Fatty Fingers

Let There Be Rock, troisième album du groupe bénéficiant d'une sortie mondiale  parait en Australie le 21 mars 1977 sur le label Albert Records. Produit par la paire George Young et Harry Vanda, il est  l'album de la maturité, celui sur lequel le groupe se trouve lui-même et affirme son identité sonore, débarrassée des marqueurs glam rock encore bien présents sur ses prédécesseurs High Voltage et Dirty Deeds Done Dirt Cheap. 

Tornade sonore de 8 titres, il contient les classiques "Let There Be Rock" et "Whole Lotta Rosie" tandis que la version australienne offre le superbe blues "Crabsody In Blue", bizarrement remplacé par "Problem Child" sur la version monde. 

Comme à l’accoutumée,  la pochette australienne est différente. En noir et blanc, sobre, elle révèle des doigts parcourant le manche d'une guitare. Mais ce ne sont ni ceux de Malcolm, ni ceux d'Angus, indisponibles, le groupe étant parti en tournée dès janvier 1977. Le photographe australien Colin Stead fait appel à un guitariste du crû, Chris Turner, membre du groupe Buffalo dans lequel il croisera Peter Wells qui fondera Rose Tattoo ou encore Dave Tice, qui collaborera plus tard avec Mark Evans, dans le duo Tice & Evans.

Il se dit au détour du bush australien que les frères Young n'ont jamais apprécié cette pochette, guère séduits par ses doigts selon eux un peu trop boudinés...